Chantier à venir

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Le "tire-bouchon" est un véritable emblème de la presqu'île de Quiberon. Preuve de l'engouement des voyageurs : en 2025, pour son 40e anniversaire, ils étaient près de 173 000 voyageurs à être montés à bord ! Grâce à la mobilisation de l'Etat, de la Région Bretagne, de Auray Quiberon Terre Atlantique et de SNCF Réseau, la ligne fait l'objet d'un projet de régénération de l'ensemble des composants de la voie ferrée, et ce, afin de la pérenniser et que le tire-bouchon puisse continuer de circuler pendant l'été.

Présentation des travaux

Le chantier a pour objectif de fiabiliser cette ligne emblématique par le renouvellement de l'ensemble des composants de la voie ferrée, maillon essentiel de la desserte estivale de la presqu'île de Quiberon. 

Programmés de façon à ne pas impacter la circulation du fameux "tire-bouchon", les travaux principaux débuteront mi-septembre 2026 et s'achèveront en mai 2027. Les longs rails soudés de réemploi ont été acheminés par voie ferrée à l’automne depuis l’atelier SNCF Réseau de Saulon-la-Chapelle. Des travaux préparatoires ont lieu au premier semestre 2026. 

Chiffres clés : 

  • 27 km de voie à remplacer
  • 53 km de rails et 63 000 tonnes de ballast à renouveler
  • 150 à 200 personnes mobilisées en fonction de l'avancée du chantier

Les partenaires financeurs

Inscrit au Contrat Plan Etat-Région, le projet de renouvellement de la ligne Auray-Quiberon représente un investissement de 54,5 millions d’euros, financés par l’Etat (26,5%), la Région Bretagne (40%), Auray Quiberon Terre Atlantique (26%) et SNCF Réseau (7,5%).

Une ligne patrimoniale

La ligne Auray–Quiberon : 140 ans d’histoire

C’est le 24 juillet 1882 qu’est inaugurée, en grande pompe, la nouvelle ligne de chemin de fer reliant Auray à Quiberon. Cette ligne à voie unique, longue de 27 kilomètres, remplit alors un double rôle stratégique : favoriser le développement économique en facilitant la distribution de soude et des produits des conserveries ; assurer également l’acheminement de l’artillerie pour la défense de la presqu’île et de Belle-Île.

Les travaux débutent durant l’hiver 1880. S’il n’est pas nécessaire de prévoir d’ouvrages d’art tels que des ponts ou des tunnels, il faut toutefois composer avec le réseau routier existant, impliquant la création de passages à niveau et, surtout, réaliser un passage dans la roche à la sortie de Plouharnel, franchir une zone marécageuse avant le Bégo et édifier un remblai au niveau de l’isthme de Penthièvre.

En 1916, un embranchement est ajouté à Saint-Pierre-Quiberon afin de desservir le site d’essais d’artillerie lourde sur voie ferrée (ALVF). Durant la Seconde Guerre mondiale, une ligne annexe est également installée depuis le Bégo pour acheminer le sable nécessaire à la construction de la base de sous-marins de Lorient.

Peu à peu, le train contribue à renforcer l’attractivité de Quiberon comme lieu de villégiature, d’autant plus qu’il constitue un point d’accès privilégié vers Belle-Île. Le développement des vacances après-guerre, combiné à l’accès limité à la presqu’île par une seule route, conduit à repenser l’exploitation de la ligne.

C’est ainsi qu’en 1985 naît le « Tire-Bouchon ». Lors des deux mois de cette première saison, entre le 1er juillet et le 31 août, 39 000 voyageurs l’empruntent. 30 ans plus tard, le succès de cette desserte ferroviaire est indéniable et ce sont près des 113203 voyageurs qui empruntent cette ligne 2015 et 1 932 187 voyageurs en 2024. Paradoxalement, l’infrastructure est vieillissante et une réflexion s’engage progressivement sur son avenir.

D’octobre 2019 à mars 2022, une étude d’opportunité sur le devenir de la ligne est menée, accompagnées d’une concertation sur son évolution. Le renouvellement de la ligne telle qu’elle existe aujourd’hui a été validé par les différents partenaires (Région, Etat, AQTA, SNCF Réseau). Ainsi après des études préliminaires, un partenariat financier entre l’Etat, la région Bretagne, la Communauté de communes Auray Quiberon Terre Atlantique et SNCF Réseau a permis d’engager les études préparatoires afin d’organiser et lancer des travaux après l’été 2026, pour une remise en service à l’été 2027.

Histoire et patrimoine au fil des rails

Sur ses 27 kilomètres, la ligne du Tire-Bouchon traverse plusieurs communes du territoire d’Auray Quiberon Terre Atlantique. Après Auray, elle dessert Brec’h, Ploemel, Carnac, Plouharnel, Saint-Pierre-Quiberon, avant d’aboutir à Quiberon. Le voyage offre ainsi une progression de paysages, passant des espaces urbains aux campagnes et zones boisées, puis aux marécages et aux dunes bordant l’océan.

Au-delà du patrimoine ferroviaire - gares, maisons de garde-barrière et passages à niveau -, la ligne quitte le quartier Charles-de-Blois d’Auray, né de l’implantation de la gare, reconnaissable notamment à sa vaste église de style Art déco, pour se diriger vers le sud.

Dans les campagnes de Brec’h, Ploemel et Carnac, elle passe à proximité de nombreux sites mégalithiques et de manoirs. À la sortie de Plouharnel, le site du Bégo, remarquable par sa batterie d’artillerie, longe la voie. C’est également à cet endroit que se dévoilent les premiers panoramas maritimes, avec la baie de Plouharnel.

Le bourg de Penthièvre, avec son architecture de villégiature, évoque les débuts du tourisme balnéaire. Avant de franchir l’isthme, le regard se porte à l’ouest sur l’île de Téviec, haut lieu du Mésolithique, où des squelettes et un important amas de coquilles ont été mis au jour par les archéologues.

Le fort de Penthièvre, véritable verrou défensif de la presqu’île, est construit au milieu du XVIIIe siècle. Il témoigne des affrontements entre Républicains et Chouans en 1795. Un monument commémoratif rappelle également qu’il fut le lieu d’exécution de 59 résistants durant la Seconde Guerre mondiale.

De Kerhostin à Quiberon, le paysage s’ouvre au gré du trajet : à l’est, la baie de Quiberon ; à l’ouest, l’océan. Mégalithes, maisons de pêcheurs et moulins ponctuent encore le parcours. Avant l’arrivée en gare de Quiberon, la voie longe le fort Saint-Julien, où est réimplanté en 1947 le sémaphore.

Emprunter le Tire-Bouchon, c’est ainsi parcourir une véritable traversée de l’histoire et du patrimoine du territoire d’Auray Quiberon Terre Atlantique.

En 2025, pour son 40e anniversaire, ce sont près de 173 000 voyageurs qui sont montés à bord du tire-bouchon.

Cette ligne traverse de nombreux sites bénéficiant de dispositifs de protection et s’inscrit dans un environnement naturel et paysager exceptionnel. Afin de préserver ces milieux sensibles, des inventaires faune, flore et zones humides ont été réalisés et le principe visant à « éviter, réduire, compenser » les impacts des travaux sur l’environnement a été mis en œuvre. En adoptant des méthodologies de travaux respectueuses de l’environnement, le projet contribue à la préservation des écosystèmes fragiles tout en favorisant le report modal de la voiture vers le train.

La ligne Auray–Quiberon : un corridor au cœur de milieux naturels remarquables

Traversant une grande diversité de paysages littoraux, la ligne ferroviaire reliant Auray à Quiberon s’inscrit dans un environnement naturel particulièrement riche. Entre landes, zones humides, boisements, haies bocagères et espaces dunaires, le tracé côtoie une mosaïque de milieux favorables à une biodiversité variée. La section comprise entre le Bégo, au sud de Plouharnel, et Kerhostin se distingue par la concentration de ces milieux. La ligne existante traverse ainsi de nombreux sites bénéficiant de dispositifs de protection tels que le réseau Natura 2000 ou des sites classés.
Ces sites protégés et les obligations règlementaire en découlant ont été intégrés dans les études d’Avant-Projet Opérationnelles. Un inventaire Faune Flore a été réalisé sur tout le linéaire des travaux et les bases arrières du chantier ainsi qu’un inventaire complémentaire de zones humides. Le principe visant à « éviter, réduire, compenser » les impacts des travaux sur l’environnement a été mis en œuvre.

Pour cela, plusieurs mesures sont prises, dans le cadre de la réalisation des travaux, afin de préserver l'environnement :

  • Réhabilitation d’une zone humide sur la commune de Saint Pierre Quiberon.
  • Insertion paysagère pour les travaux situés sur le site classé (voir vue 3D ci-dessus).
  • Remplacement des plantes invasives sur les emprises ferroviaires par des espèces locales non invasives.


Réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES)
La rénovation de la ligne ferroviaire permet un report modal significatif des véhicules particuliers vers le train, réduisant ainsi les émissions de GES.
Ainsi, une diminution globale des émissions de GES de 6,1 tonnes équivalent CO2 est estimée pour les mois de juillet et août grâce à l’offre ferroviaire sur la ligne Auray Quiberon.

Trajectoire bas carbone : quand éco-conception et gains économiques vont de pair

Dans une optique d'éco-conception, le projet de régénération de la ligne Auray-Quiberon prévoit l'utilisation de rails de réemploi (longs rails soudés, acheminés par voie ferrée depuis l'atelier SNCF de Saulon-la-Chapelle en Bourgogne-Franche-Comté) ainsi que le réemploi de matériaux issus du chantier tels que le ballast ou les terres excavées en aménagement paysager.

Deux noues (fossés peu profonds) enherbées, favorisant l’infiltration à un rejet vers les réseaux urbains d’eau pluviale, seront créées en gare de Plouharnel et Quiberon. 

La base vie du chantier bénéficiera quant à elle d’une bonne isolation thermique et d’un système de production d’eau chaude économe en énergie.

D’un point de vue global, l'empreinte carbone du projet devrait être réduite 10 000 Teq CO2 par rapport à un projet qui n’aurait pas été éco -conçu. Le choix d’utiliser des rails de réemploi génère à lui seul un gain carbone de près de 7 900 de tonnes CO2. L'objectif ? Améliorer le bilan carbone de l’opération tout en réduisant le coût d’ouvrage.