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Le papillon et le chemin de fer

actualité Publié le 04/06/2019 mis à jour le 04/06/2019

SNCF Réseau main dans la main avec le Conservatoire des espaces naturels (CEN), pour inventorier et préserver le patrimoine faune et flore des lignes qui ne sont plus circulées. Et tout ça grâce à un papillon…
Johannic Chevreau, chargé de mission biodiversité du CEN des Pays de la Loire, fait le point sur une première année de collaboration.

Le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) des Pays de la Loire, en deux mots ?

Nous sommes une association régionale, avec deux antennes implantées respectivement à Nantes et au Mans, liée à une fédération nationale, mais indépendante quant à nos choix et à notre fonctionnement. Nous sommes financés par des fonds publics et privés et faisons travailler une douzaine de salariés.

Quelles sont vos missions ?

Le CEN accompagne les politiques environnementales des collectivités, dans un objectif de préservation des espaces naturels. Cela passe entre autre par la gestion de sites naturels, propriété du CEN ou de collectivités, et la mise en œuvre de travaux de restauration en vallée de la Loire, par exemple.

Comment avez-vous été amenés à travailler avec SNCF Réseau ?

Un papillon nous a réunis ! En fait, début 2017, nous avons étudié un papillon de jour qui se trouvait sur le site d’une ancienne gare. Nous avons proposé à SNCF Réseau de travailler sur leurs sites, pour valoriser ce patrimoine remarquable. Nous avons été immédiatement sur la même longueur d’onde… avec leur responsable environnement, ce qui a facilité les choses. Un an après, nous avons signé une convention.

Quels sont les besoins de SNCF Réseau ?

C’est une entreprise sensibilisée aux enjeux écologiques. Elle a besoin de valoriser son patrimoine non circulé : ces lignes envahies d’herbe, qui semblent abandonnées. Rien n’est fait depuis parfois plusieurs décennies, et vous devinez que cela suscite évidemment des problèmes avec certains riverains. Les lignes sont devenues des friches… Ce sont précisément ces espaces redevenus sauvages qui nous intéressent et qui présentent un fort potentiel environnemental. Le CEN a été mobilisé pour en faire l’inventaire.

Commune de Chenu (Sarthe) - Ligne Chartres - Bordeaux (©CEN Pays de la Loire)

Ancienne gare de Lavenay (Sarthe) - Ligne Chartres - Bordeaux (©CEN Pays de la Loire)

Sur combien de lignes ?

Quatre en 2018, quatre autres en 2019.

Qu’y avez-vous trouvé ?

Des papillons de jour, dont une espèce protégée, des orchidées sauvages – vous n’imaginez pas à quel point les plantes sont résilientes après que toute activité a cessé sur ces lignes – ou encore des arbres creux, d’une extraordinaire richesse pour les oiseaux, les insectes, les chauves-souris… Celle espèce fera d’ailleurs l’objet d’une étude particulière en 2019.

Azuré du Serpolet (Maculinea arion) - Ancienne ligne Sillé-le-Guillaume - La Hutte-Coulombiers (©CEN Pays de la Loire)

Le Miroir (Heteropterus morpheus) - Ancienne ligne Sillé-le-Guillaume - La Hutte-Coulombiers (©CEN Pays de la Loire)

Pourquoi ?

On soupçonne les anciennes lignes d’être devenues des corridors écologiques pour ces animaux, autant pour leurs colonies que comme accès à leurs terrains de chasse, les prairies voisines par exemple.

D’autres espèces ?

Oui, par exemple les serpents, nombreux à profiter de ces espaces chauds et abrités.

Vous en êtes au début de votre partenariat avec SNCF Réseau. Et demain ?

Une nouvelle convention sera prochainement signée. Elle nous permettra d’élargir nos inventaires à de nouvelles lignes en Loire-Atlantique, en Maine-et-Loire et en Vendée. Nous allons également réaliser des inventaires complémentaires, afin de confirmer l’intérêt écologique des sites de SNCF Réseau étudiés en 2018, et engager des démarches de conservation.

Quel est l’intérêt de conserver ces lignes non circulées ?

Comme je l’ai dit, ce sont souvent d’importants corridors écologiques. Mais au-delà, par exemple, ces voies ferrées peuvent être reconverties en voies vertes [sentiers exclusivement pédestres et cyclistes] par les collectivités. L’idée est d’intégrer davantage les enjeux de biodiversité, et pourquoi pas un jour de constituer des réserves de terrains pouvant servir de mesures compensatoires environnementales pour nos projets de développement.

Quid des lignes circulées ?

Ces espaces fermés sont à l’évidence plus difficiles à aborder, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité. Toutefois nous commençons à travailler sur leurs annexes, en périphérie des voies. Il y a là des reliquats de foncier à valoriser du point de vue environnemental.

Votre premier bilan ?

Il tient en quelques chiffres : nous avons échantillonné 70 km de lignes, identifié 13 sites potentiellement remarquables pour le patrimoine naturel local et produit en moins d’un an 1200 données. 110 espèces animales répertoriées, 200 pour la flore dont une quinzaine remarquables. Ce partenariat – né d’un simple battement d’ailes de papillon - aura d’importantes conséquences pour la connaissance et la préservation de notre environnement.

Le public l’ignore complètement !

Nous avons avec SNCF Réseau une grande volonté de le valoriser, de montrer que ces zones en friche ne sont pas dénuées d’intérêt et méritent d’être valorisées. C’est l’un des volets de notre action à venir.

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